Test Denshattack, le grind en plein été

Test Denshattack, le grind en plein été

Vous savez, en fin d’année aura lieu les Game Awards. Une cérémonie qui vise à récompenser les meilleurs jeux de l’année passée. Que cela soit jeux vidéo AAA ou jeux indépendants, tout le monde y est invité. Invité oui, mais à contre-coeur de son organisateur Geoff Keighley, voulant privilégier les gros jeux aux petits indés. Cependant, on a bien vu la démocratisation des petits indépendants, faisant de leurs jeux de véritables phénomènes. Mais alors, en 2026, après le carton de Clair Obscur, est-ce qu’on peut trouver un jeu indépendant pouvant être digne de figurer dans la sélection prestigieuse des meilleurs jeux de l’année ? Et bien peut-être qu’il fait moins de bruit, mais j’ai probablement trouvé un concurrent pour répondre à cette question. Alors mesdames et messieurs, si vous cherchez un jeu à faire cet été, mettez vos casquettes de cheminot et vos genouillères de skateurs, car on va parler du jeu Denshattack.

Densha quoi ?

Denshattack est un jeu sorti le 17 juin 2026 (oui je l’avoue, on fait le test un peu tard ici) disponible sur Playstation 5, Xbox Series, Nintendo Switch 2, Game pass ainsi que PC. L’histoire se passe dans un Japon où des événements climatiques ont poussé l’entreprise Miraido à créer des dômes afin que les nippons vivent sans craindre les conditions climatiques. Et bien vous savez quoi ? On s’en fout de tout ça ! Enfin oui mais non. On suit l’histoire d’une jeune fille nommée Emi, vivant en dehors des dômes et livreuse de ramen en train. Suite à une de ses livraisons, elle fait la rencontre de Fernando qui lui apprend l’existence du Denshattack, une discipline extrême qui est concrètement du skate, mais avec un train et sur des rails. Très vite, Emi décide d’affronter les plus doués en Denshattack du pays et forme, au fur et à mesure, une équipe composée de chefs de gang du Japon dans le but d'arrêter les agissements de Miraido. Ah et tout ça en faisant du Denshattack. 

Alors oui, c’est un scénario sans queue ni tête, mais ça marche. Le jeu va souvent vous prendre par surprise avec des mises en scène sans queue ni tête. Un groupe de racailles, un kaiju, un temple géant qui bouge, et pourtant on apprécie. Le côté profondément barré est assumé dès la première cinématique du jeu qui présente l’histoire exactement comme je l’ai fait, avec un “En fait on s’en fiche, ça nous intéresse pas”, nous garantissant une histoire complètement délirante et qui fonctionne. D’ailleurs, cette histoire plus légère inclut peu de blabla. Vous avez des dialogues avant et après un niveau mais ils se lisent très vite, comptez quarante secondes. Et c’est pareil pour les cinématiques qui durent rarement plus d’une minute. L’histoire est là mais c’est surtout un contexte pour nous faire place au gameplay et aux environnements divergents.

Et comment ça tricks ?

Denshattack est… un jeu complètement arcade ! Bah oui, vous vous attendiez à quoi au vu du scénario ? Vous contrôlez un train sur un parcours de rails et votre but sera d'arriver au bout du niveau en réalisant un maximum de tricks avec votre stick droit. Plus vous ferez de série de tricks sans vous ramasser, plus votre multiplicateur de score augmente. Pour vous faciliter la vie, le jeu est un auto-scroller, oui le train avance tout seul, mais vous pouvez également l'arrêter vous même en freinant. 

Au fur et à mesure que vous avancez, vous débloquerez de nouvelles possibilités de tricks. Tout d’abord l’hyperfocus, une barre qui se charge avec vos tricks et une fois pleine, cette dernière dévoile des chemins invisibles à l'œil nu. Mais très vite vous pourrez rouler sur les murs, faire des slides sur des grind sur des barres, rouler en roues libres, rouler sur deux voies etc. 

La plus grande crainte que l’on pouvait avoir aurait été la répétitivité du jeu, mais des mécaniques sont introduites jusqu’au dernier chapitre du jeu, créant de nouveaux chemins alternatifs au fur et à mesure du jeu, vous poussant à jouer avec les mécaniques où vous êtes le plus à l’aise. Voire mieux, le jeu combinera à certains moments plusieurs mécaniques, comme par exemple le vide et le train sur deux voies, le wallrun et les tricks sur le vent. 

Le jeu est hyper rapide, et ça se sent même dans les réapparitions. Si vous loupez un rail et que vous tombez dans le vide, vous apparaissez quelques mètres avant votre crash et en même pas une seconde. Le jeu se joue vite et s’enchaine, mais prend quelquefois la liberté de vous faire admirer vos actions avec un effet de slow motion qui est un peu de trop dans un tel jeu.

Et ça grinds où ?

Afin de sélectionner un niveau, vous passerez par une map du Japon vue de haut, se dévoilant au fur et à mesure que vous progressez. Chaque niveau possède trois grandes catégories d’objectif : 

  • Le score, qui vous demande de réaliser un certain score avec vos tricks
  • Le temps, vous demandant de finir un niveau le plus rapidement possible
  • Les défis, vous donnant une liste de collectibles et de mini-objectifs à réaliser 

En fonction de votre performance, vous recevrez une médaille d’or, d’argent, de bronze voire pas de médaille. La moyenne de ces trois médailles vous donne une médaille globale pour le niveau.

Et des niveaux, il y en a de tout type. Certes, il y a les niveaux classiques qui vous demandent d’arriver d’un point A à un point B, mais il propose bien plus que ça. Les niveaux de courses où vous allez affronter plusieurs adversaires dans le but de finir dans les trois premiers sur trois tours. Les niveaux de scoring avec un objectif de score à atteindre dans un temps donné. Les niveaux dit “ouverts” avec une liste de tâches à réaliser, laissant beaucoup plus de chemins alternatifs afin de réaliser vos tâches. Et pour finir, des combats de boss, tous plus innovants les uns que les autres, basés sur une des mécaniques que vous avez vues lors du chapitre.

Les niveaux de Denshattack sont tous réfléchis comme des énormes skateparks adaptés pour tout le monde. Les gens voulant finir le jeu dans ses moindres détails comme ceux qui veulent juste voir les crédits disposent chacun de l’approche qui leur conviendra sans avoir de niveau caché via un chemin obscur où je ne sais quoi.

Le jeu déraille…

Et oui… ça serait trop beau un jeu sans défauts hein ? Si seulement… Denshattack a encore avec lui pas mal de problèmes… et surtout des BUGS ! J’espère que vous n’êtes pas trop allergiques à ça car vous en verrez au moins un lors de votre gameplay. Que cela soit les commandes qui arrêtent de répondre pendant plusieurs secondes, les respawn en plein dans le plafond hors map qui vous font encore une fois apparaître, les effets de slowmotion qui s’appliquent sur tout le niveau et vous empêche de mettre en pause voire de finir ce dernier, ou encore des boss qui ne prennent aucun dégât, Denshattack dispose de problèmes plus ou moins excusables. Et le plus frustrant, c’est que vous ne savez pas pourquoi ça arrive. C’est juste là, de temps en temps, la surprise du chef. 

… mais il contrebraque

On va pas finir sur du négatif voyons, est-ce-que je vous ai parlé de la customisation ? Et oui, avec vos collectibles, vous pourrez obtenir des sets de tag afin de personnaliser votre train, mais encore mieux, vous pourrez obtenir de nouveaux trains. Et ce n’est pas juste pour rendre jolis car ces derniers modifient certains éléments de votre conduite, par exemple en réduisant la jauge de grind mais en augmentant le score de ces derniers. C’est un ajout en plus dans la mentalité scoring mais aussi dans l'aspect où chaque joueur peut jouer comme il veut.

Certains de vos collectibles vous serviront aussi à compléter des magazines autour du Denshattack, vous donnant davantage d’informations sur les personnages, le lore de chaque gang etc.

Et pour finir, la cerise sur le gâteau, vous savez que certaines musiques ont été faites par Tee Lopes ? Vous savez, c'est le type qui fait la bande-son de Sonic Mania et Superstars ? Mais aussi par Ironmouse ? Que certaines musiques font très Persona ? Que certaines OST sont faites par des gens de Sega ? Que certaines… En fait c’est toute la bande son qui est comme ça. C’est pas certains, mais la plupart des morceaux. Cette OST est vraiment excellente et cela ne m’étonnerait que vous l’écoutiez également.

Conclusion

Vous l’aurez compris, Denshattack est très loin de la proposition très sérieuse de Clair Obscur, mais toutes ses différences en font d’excellentes qualités. Vous vous souvenez de mon test de Star Fox ? Et bien beaucoup des choses que je reprochais à ce dernier sont bien mieux faites sur Senshattack. D’accord c’est un jeu arcade à scoring, mais il introduit une histoire qui se finit en 8 heures en ligne droite. Oui il a des “défis”, mais suite à quoi on obtient de quoi personnaliser son train pour trouver sa façon de jouer. Quand je regarde Denshattack, je ne peux m'empêcher de me dire que si cette équipe avait travaillé sur Star fox, on aurait eu un jeu de meilleure qualité. Malgré les bugs pénibles qui peuvent arriver, tout ce qu’il y a autour fait que ce titre mérite la note de 18 sur 20.

Maintenant je vais parler à coeur ouvert, en dehors du test. En 2020, pendant le confinement, alors que je n’allais pas très bien, j’ai fait Xenoblade Chronicles 2. A ce jour, je le considère toujours comme mon jeu préféré de tous les temps. Aujourd’hui, six ans plus tard, j’ai versé quelques larmes à la fin d’un jeu de train qui drift. Pas parce que la fin est émotive ou je ne sais quoi, mais simplement car c’est fini. Pendant toute ma découverte et mon gameplay, je me suis senti autant impliqué que je l’étais dans Xenoblade 2. Les personnages drôles mais attachants, l’aspect léger et j’en passe font que j’ai eu l’impression de voyager à travers le Japon avec une bande d’amis, et ce sentiment de voyage est unique surtout avec la bande son qui vous accompagne dans chaque moment. Alors… faites Denshattack. Il coûte seulement vingt euros, qu’est-ce-que vous risquez ? De toute façon, il ne sera peut-être pas le jeu de l’année, mais il vous donnera des sensations de par ses qualités. 

Les +

Les -

  • Gameplay complet et varié

  • Bande-son INCROYABLE

  • Niveaux proposant divers passages pour tous joueurs

  • Personnalisation des trains

  • Histoire barrée mais très bien

  • Niveaux de boss mémorables

  • Bugs rares mais pouvant altérer l’expérience de jeu

  • Décrochage des commandes à certains moments

  • Certaines phases peuvent être exigeantes, un peu trop même